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COMMUNAUTÉ DE COMMUNES LIVRADOIS, PORTE D’AUVERGNE
GRANDRIF
– MARSAC EN LIVRADOIS - SAINT-JUST – SAINT-MARTIN DES OLMES |
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Rencontres avec... Joseph BRAVARD |
Merci à R. BERTHOU pour ses applets Sites partenaires sur l'actualité |
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| Un ancien sabotier | ||||
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« Je suis né le 1er octobre 1914, à la Fayolles, un village de la commune de Médeyrolles. Je me suis marié avec une fille de St Just, ses parents tenaient le café dans le bourg et tout naturellement nous avons repris le café, l’épicerie, les repas pour les ouvriers mais aussi les bals dans la grande salle. J’avais aussi 3 à 4 vaches ! C’est donc à St Just que j’ai continué mon métier de sabotier. »
- A quel âge avez-vous appris ce métier ? « J’avais 16 ans, j’était apprenti chez le sabotier de mon village, Jacques Bravard, puis après la guerre j’ai installé mon propre atelier. Mes parents étaient âgés, je ne voulais pas les laisser alors je suis resté au village jusqu’en 1942 lorsque j’ai épousé Yvonne Aurand… » - Parlez –moi un peu de la fabrication des sabots, - « Avant que n’arrivent les machines, c’est tout à la main que le travail se faisait. On utilisait du hêtre mais c’était surtout le bouleau que l’on préférait. Les outils ? la hache pour commencer de tailler le sabot dans un morceau de bois d’une quarantaine de centimètres de long, puis le paroir servait à lui donner une forme, avec l’herminette on raffinait le travail. Ensuite on plaçait le sabot dans la coche prévue à cet effet sur l’établi et avec des gouges, on travaillait l’intérieur. Pour terminer on plaçait la bride, dans notre métier on l’appelle le coussin, on l’adaptait au sabot puis on la clouait de chaque coté : les clous étaient placés à l’extérieur mais également à l’intérieur. Je vendais parfois les sabots bruts ils étaient juste poncés. On me demandait aussi un peu de fantaisie : des sabots marquetés, teintés et vernis, avec une belle bride en cuir. Les femmes étaient coquettes mais certains hommes aimaient avoir de beaux sabots également.» - Vous avez fabriqué des sabots pour les enfants ? « Oh oui ! de tout petits sabots, dix – quinze centimètres ! Nous étions toujours en sabots, même les enfants. Pendant la guerre ils ont remplacé les chaussures, les bottes n’existaient pas. » - Vous avez eu des machines ensuite ? « Oui et deux ouvriers. Le travail était plus simple, certains outils anciens ont été mis de côté. Le morceau de bois était placé sur la machine copieuse qui possédait un sabot modèle qui entraînait le système de fabrication. Nous avions ensuite les finitions à faire l’intérieur avec les gouges, l’extérieur avec le paroir, la bride, le vernis… Des sabots j’en expédiais dans la Loire à Saint-Etienne.., la Haute Loire à la Chaise Dieu… - Ce métier vous l’aimiez ? - « Bien sûr que j’aimais faire des sabots ! Certes on ne faisait pas de grosses fortunes mais on n’avait pas non plus beaucoup de dépenses à cette époque. Vous savez c’était le bon temps, on vivait et on travaillait en chantant ! Dans le bourg de St Just, nous étions une soixantaine d’habitants, il y avait notre café épicerie mais aussi un boulanger, un marchand de vin, la poste et le facteur… » - Il y a longtemps que vous avez cessé votre activité ? - « Tout doucement, au ralenti j’ai fait moins de sabots, puis en 1992 j’ai complètement arrêté. » - Vous avez donc fait le métier que vous aviez choisi ? - « Et bien… pas vraiment... J’ai beaucoup aimé faire des sabots, j’ai été heureux avec une vie bien remplie, trois enfants, mais si j’avais pu laisser mes parents j’aurais aimé apprendre le métier de boulanger. Oui, boulanger çà m’aurait bien plu... Il m’est arrivé de donner un coup de main à un boulanger. C’était vraiment un métier qui me plaisait... » Je quittais Joseph Bravard avec dans le cœur un moment de pur bonheur, un petit clin d’œil au temps passé, à ces métiers oubliés. Joseph Bravard, « Benitout, c’est ainsi qu’on le surnomme à cause de Benoît le prénom que portait son père » est de ces grands-pères formidables, plein de douceur, de joie de vivre et de cette politesse qu’ont les gens de sa génération. Joëlle GRAS |
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