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Numéro 166

avril 1999

    KOSOVO

extrait de l’encyclopédie Microsoft encarta 99

Kosovo (en albanais, Kosove), région du sud-ouest des Balkans, située en République fédérale de Yougoslavie (Serbie et Monténégro), qui fut une province autonome de la République fédérative de Yougoslavie de 1946 à 1989.

Géographie

Le Kosovo est formé par les plaines intramontagneuses du Kosovo Polje et de la Metohijah, et par les massifs montagneux qui les bordent : la chaîne de Prokletije et de Šar Planina, qui culmine à 2 640 m. La majeure partie de la région est située à plus de 500 m d’altitude!; elle est traversée par quatre rivières : la Bell, l’Ibar, le Drin blanc et le Drin noir. Malgré ses richesses minières (importants gisements de plomb, de zinc, de lignite, de chromite et de magnésite), le Kosovo a longtemps été l’une des régions les plus pauvres d’Europe. Les principales cultures sont le maïs, le blé et l’orge, les pommes de terre, les prunes et le tabac!; le bois est produit en grande quantité. On note aussi la présence d’horticulture et de viticulture. L’élevage bovin et ovin est l’activité principale dans les montagnes du Kosovo. Les grandes villes sont Priština, la capitale, Prizren et Peç, cette dernière fut le siège du patriarcat de l’Église orthodoxe serbe (1557-1766). Plus de 90 p. 100 des habitants du Kosovo sont albanais et 10 p. 100 environ serbes et monténégrins.

 

Histoire

À partir du IIe millénaire av. J.-C., les Illyriens (ancêtres des actuels Albanais) occupent une grande partie de la péninsule des Balkans, englobant le Kosovo moderne. Les territoires illyriens, qui comprenaient le Kosovo et une partie de la Macédoine, finissent par être annexés par l’Empire romain. Au VIIIe siècle, ces peuples romanisés sont refoulés sur les côtes par les Serbes, qui fondent plusieurs principautés, dont celles de Rascie (Monténégro) et de Zeta. L’unification se fait au XIIe siècle. Le roi des Serbes, Étienne Douchan, règne sur un territoire qui englobe la Macédoine, l’Albanie et la Grèce continentale. En 1389, l’armée ottomane du sultan Murad Ier écrase la chevalerie serbe à la bataille de Kosovo Polje. La Serbie est définitivement conquise en 1459 et devient possession de l’Empire ottoman. Au XVIIe siècle, sous la pression des Turcs, la population serbe de la région du Kosovo-Metohija, patriarche en tête, s’enfuit pour se réfugier au-delà de la Save et du Danube!; elle est remplacée par des Turcs et des Albanais islamisés. À la fin du XIXe siècle, la décadence de l’Empire ottoman, conjuguée au renouveau national serbe, croate et bulgare fait fréquemment du Kosovo un champ de bataille.

 

 

Les organisations nationalistes serbes et macédoniennes, comme l’Organisation révolutionnaire intérieure macédonienne (ORIM), sont en butte à la répression du pouvoir ottoman, qui recrutait ses meilleurs auxiliaires parmi les Albanais et les Musulmans de Bosnie. Le cycle infernal des représailles se met en place. La création du royaume d’Albanie en 1912 est mal admise par ses voisins directs. Sous la pression de la Russie, les grandes puissances partagent le Kosovo entre la Serbie et le Monténégro. Dès 1915, les heurts reprennent, l’armée serbe, au cours de sa retraite de 1915, se livre à de nombreux massacres d’Albanais. En 1918, le Kosovo est incorporé au jeune royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes, qui deviendra la Yougoslavie. Les Albanais vivant dans la région organisent des soulèvements entre 1918 et 1919, réprimés sans pitié. Le gouvernement de Belgrade a recours à l’expulsion systématique des Albanais, à la fermeture des écoles, à la confiscation des terres et au repeuplement par des Serbes. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, l’Italie, en 1942, organise une "!grande Albanie ethnique!" comprenant le Kosovo. Dès le mois de juillet 1945, l’armée des partisans de Josip Broz, dit Tito parvient à écraser la résistance albanaise. Le Kosovo devient une entité administrative de la république de Serbie, d’abord région autonome puis élevée au rang de province autonome à l’issue des émeutes de 1968.

Le Kosovo a joué un rôle essentiel dans la genèse du récent conflit yougoslave, en raison de sa situation au sein de la Yougoslavie et de l’imbroglio historique dont il est un des nœuds. Le Kosovo est l’exemple type de ce qu’était une province autonome de la République fédérative de Yougoslavie!; pauvre, elle était alimentée par l’État fédéral qui redistribuait à son profit certains des revenus des républiques les plus riches. Historiquement, le Kosovo est l’un des berceaux de la nation serbe, il est devenu en conséquence l’un des piliers de la mythologie nationaliste serbe. Quand les rouages de la république fédérative ont commencé de se gripper, le Kosovo, peuplé depuis trois siècles par une majorité albanaise musulmane, fut la cible des idéologues serbes. Ceux-ci ont vu dans l’accession du Kosovo au rang de province autonome une discrimination, d’autant que l’égalité de représentation affaiblissait les Serbes du Kosovo. Les violentes émeutes albanaises en 1981 aboutissent à une purge des Albanais, qui sont chassés des postes à responsabilité politique, et à des manifestations des Serbes du Kosovo. La reconversion au patriotisme et à la xénophobie des dirigeants serbes s’accentue alors : en 1986, ils firent même état d’un génocide physique, politique et culturel à l’encontre des Serbes du Kosovo. En mars 1989, Slobodan Miloševiç élimine tout ce qui reste d’autonomie au Kosovo et instaure un régime discriminatoire envers les Albanais en plaçant la région sous le contrôle direct de l’armée fédérale. De violents affrontements ont lieu, tandis qu’un mouvement local de résistance clandestine poursuit la lutte pour les droits de la majorité albanaise à l’autodétermination. En septembre 1996, à l’instigation de la communauté internationale, Miloševiç signe avec Ibrahim Rugova, le président de la République du Kosovo autoproclamée, un accord en vue de normaliser la question de l’enseignement en albanais. Cet accord ne sera jamais appliqué, provoquant l’exaspération des Albanais. Des attentats antiserbes ont lieu à partir de 1996, perpétrés par l’Armée de libération du Kosovo (UCK). La situation dégénère en 1998 en raison notamment de l’intervention de l’armée serbe. Refusant la médiation internationale, Miloševiç, devenu entre-temps président de la République fédérale de Yougoslavie, a cependant rencontré Rugova, sous la pression des Américains, afin d’entamer des négociations en mai 1998. Mais la situation est demeurée très tendue entre un pouvoir serbe n’entendant pas aller au-delà de la restauration de l’autonomie supprimée en 1989 et un président de la République du Kosovo de plus en plus débordé par des mouvements plus radicaux, revendiquant l’indépendance. Les opérations de nettoyage des forces de sécurité serbes dans la partie occidentale bordant l’Albanie et sous contrôle de l’UCK ont provoqué l’exode vers l’Albanie ou le Monténégro de dizaines de milliers de Kosovars. L’OTAN a menacé la Serbie de représailles et a procédé à des manœuvres aériennes d’intimidation. L’émissaire américain Richard Holbroocke a rencontré les parties prenantes au conflit mais sans parvenir à débloquer la situation.

 

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