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Numéro 171septembre 1999 |
La scierie MIDROIT |
Une cheminée en brique qui rivalise de hauteur avec le clocher de notre
église. Partie intégrante de notre patrimoine Marsacois, elle domine notre
bourg. Elle sert parfois de halte aux cigognes quand elles effectuent leur
livraison de bébé chez les heureux jeunes parents. Comme un phare elle signale
aux automobilistes Marsacois qu'ils sont enfin arrivés chez eux après un long
périple.
Vous
l'avez deviné c'est la cheminée de la scierie MIDROIT. Nous avons essayé de réaliser
un rapide historique. Si vous avez des témoignages, des précisions, des
compléments d'information, n'hésitez pas à nous les rapporter.
Tout commence autour des années 1910, Quand monsieur MIDROIT Auguste
venu de Chadernolles décida d'implanter son entreprise, une scierie, à Marsac
le long de la voie ferrée près de la gare, et ainsi pouvoir
profiter du transport du bois scié par la société des chemins de fer.
Monsieur Nourisson, père du gérant du garage à Arlanc était son associé
pour lancer l'affaire, mais il décéda rapidement laissant Auguste MIDROIT gérer
seul l'affaire.
Les
scies étaient actionnées par de grosses motrices à vapeur, grâce à une
chaudière alimentée par la sciure et copeaux de bois, rien ne se perdait. La
scierie produisait à l'époque sa propre énergie, d'où l'utilité de la
grande cheminée.
Deux
personnes étaient employées avec l'aide de chevaux uniquement, pour aller
chercher les grumes achetées dans la région et sur le plateau de la Chaise
Dieu. Une grosse partie de la charpente était acheminée par le chemin de fer,
une autre partie fournissait les charpentiers et menuisiers de la commune. Les
habitants de Marsac pouvaient demander la livraison de leur bois de chauffage grâce
aux chutes et croûtes de la scierie.
En
1921 son fils Jean Baptiste MIDROIT et son gendre Antoine FAURE ancien maire de
Marsac reprirent la succession. Ils apportèrent de nombreuses évolutions. Les
machines à vapeur furent remplacées en 1950 par l'énergie électrique. Les
chevaux cédèrent la place à un camion américain " GMC ".
En plus de la charpente, ils diversifièrent la production avec du
parquet par l'installation de la parqueterie le long de la voie ferrée. Un
parquet de très bonne qualité de 27 mm d'épaisseur et surtout très sec, d'où
sa très grande renommé et est recherché de très loin. Les Marsacois se
souviennent des très hautes piles de parquet empilées minutieusement par les
ouvriers, car à l'époque pas de chariot élévateur, mais tout à dos
d'hommes, aussi bien pour la charpente et les billes de bois petites ou grosses.
La scierie employait environ 25 personnes, le secrétariat et la
comptabilité étaient tenus par madame FAURE et monsieur DAPZOL, le mari de la
mercière en face du Casino.
Jean Baptiste MIDROIT géra l'entreprise avec l'aide de Paul son fils
jusqu'en 1966 l'année de son décès. Paul MIDROIT prit les rennes de la SARL
MIDROIT FAURE. Le GMC fut remplacé par un camion de marque Berliet à la
retraite du camion et de son conducteur. Des grumiers professionnels effectuèrent
les livraisons. L'achat du bois a toujours été réalisé par les patrons
successifs de l'entreprise. Deux chariots élévateurs firent leur apparition.
Une vieille scie fut remplacée par une scie automatique conduite de sa cabine
par Monsieur CHANTELAUZE, de la Gare, chef d'équipe de la scierie et Monsieur
André GOUNY.
Puis ce fut le drame du mois de juin 1976, où un incendie terrible poussé
par un vent du nord fou détruisit les piles de parquet et une partie de la
scierie. Devant ce terrible coup du sort et, la perte de sa parqueterie. Paul
MIDROIT n'ayant pu relever son entreprise décida la cessation d'activité en août
1977.
De ce prestigieux passé il reste la cheminée en souvenir, les voitures
du garage GRENIER, et comme activité le salon Chantal où nous pouvons nous
refaire une Beauté.
La Gazette
tient à remercier les personnes ayant collaboré à cet article : Madame Paul
MIDROIT, Monsieur Roland MIDROIT,
Monsieur et Madame CHASSAGNE du bourg et Monsieur DAUMAS ancien ouvrier de la
scierie.
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