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Numéro 176février 2000 |
Souvenirs d'une garde-barrière |
Elle a débuté en juin 1955 à ouvrir et fermer les quatre battants des
portes interdisant le passage aux automobiles, camions et tous autres convois
tirés par les chevaux, tracteurs et bœufs pour laisser passer le convoi
ferroviaire prioritaire.
Les premières années, pas de repos tous les jours
de 5 heures 30 à 21 heures 30, il fallait être au poste pour fermer les barrières.
Après une journée de repos par semaine fut accordée et une remplaçante
assurait l'ouverture, " mais nous
devions la loger, heureusement que je m'entendais bien avec elle : c'était
madame BRESSAN de Cours, car
sauf les trains de marchandises qui ne circulaient pas le dimanche, tous les
jours nous devions être présents malades ou pas.
De plus, nous devions être très stricts dans notre travail, car nous étions
contrôlés et nos chefs étaient très sévères. Par exemple : je devais
allumer une loupiote à pétrole, un soir je l'ai oublié, j'ai eu un
avertissement. Heureusement que j'ai été bien vue par le chef de district
".
Sur la ligne Vichy
Darsac, quatorze trains passaient quotidiennement et s'arrêtaient à
Marsac.
- 5 h 30 Le premier Autorail en provenance d'Arlanc
s'annonçait.
- 7 heures le locotrain servant aux manœuvres dans
les gares d'Ambert ou d'Arlanc faisait son apparition.
- 7 heures 30 le deuxième Autorail en provenance d'Ambert.
- 8 heures 30 le retour de l'Autorail d'Arlanc.
- 9 heures 30 L'Autorail en provenance de Clermont Fd
s'annonçait
- 11 heures le retour du locotrain
- 11 heures 30 l'Autorail retournait sur Clermont
Ferrand.
- 12 heures 30 le passage du premier train de
marchandises en provenance d'Ambert
- 14 heures 30 le retour du train de marchandise à
destination d'Ambert.
- 16 heures l'autorail du soir s'annonçait en
provenance d'Ambert.
- 17 heures il revenait sur Ambert.
- 19 heures un nouvel Autorail passait en direction
d'Arlanc.
- 20 heures 30 il repassait de nouveau pour aller sur
Ambert.
A
l'époque les trains de marchandises avaient beaucoup d'importance, ils
transportaient du bois de nos scieries, des colis de nos manufactures comme les
articles de Chez DUCHEMIN.
" En 1956, lors du conflit du canal de SUEZ, les restrictions
d'essence étant de rigueur, les camions ne roulaient pratiquement plus, tout se
transportait en chemin de fer, le convoi
de marchandise était tellement long que lorsqu'il s'arrêtait
à la gare de Marsac, il bloquait le passage du chemin de Lachaux. Car il était tiré par une locomotive et poussé par une autre en fin
de convoi " Se souvient Rose de AGUIRREBEITIA.
Dans les années soixante, la direction de la S.N.C.F
décida de faire réaliser un comptage du passage de voitures et autres convois
sur ce passage à niveau, pour cela notre garde barrière devait laisser les
barrières fermées continuellement et aller ouvrir chaque fois qu'un chauffeur
se signalait de jour comme de nuit. Cette situation dura 9 mois. "
Les gens ont été sympas car ils ont signé une pétition pour faire cesser
cette situation " Ce
comptage avait pour but la réalisation de l'électrification des barrières. En
effet elle fut réalisée en 1978 et eu pour conséquence le licenciement de
Rose de AGUIRREBEITIA. Cette mécanisation coûta environ 300 000 francs.
Dans le tiroir des souvenirs Rose nous raconte.
" Un homme ayant commis un crime en Lozère était en cavale et, il
courait des bruits qu'il était dans la région, hors un matin à 5 heures 20,
en allant fermer les barrières du premier train j'entendis du bruit sur la voie
ferrée et si c'était le criminel, je pris peur, heureusement que Pierre Bayle
qui revenait de son travail, était là (pas plus rassuré que moi), je lui
demandais d'attendre un peu avec moi et, tranquillement une vache fit son
apparition paisible ".
Monsieur de AGUIRREBEITIA travaillait aussi à la SNCF comme
cantonnier poseur, ils ont racheté leur maison de garde barrière en 1981. Mais
malgré tout, même à la retraite elle est toujours en activité, elle sort dès
que le train panoramique ou la loco à vapeur d'AGRIVAP s'annonce. De plus elle
signale aux responsables toutes anomalies.
" Faut me comprendre, c'était
une partie de ma vie, alors grâce à AGRIVAP je continue un peu mon métier,
c'est bien ce qu'ils font "se justifie-t-elle.
Mais Rose, nous vous comprenons et nous vous remercions de nous avoir ouvert les barrières de vos souvenirs pour les lecteurs de la Gazette et aussi pour tous les Marsacois n'ayant pas connu l'apogée du chemin de fer dans notre commune.
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