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Numéro 176

février 2000

Souvenirs d'une garde-barrière



Suite à notre appel dans la gazette de décembre 1999 numéro 174 où, nous demandions aux lecteurs et amis de nous relater des témoignages des souvenirs, anecdotes au sujet du chemin de fer à Marsac, c'est tout naturellement que madame Rose de AGUIRREBEITIA ancienne garde-barrière de la SNCF nous a ouvert les barrières de ses souvenirs.

          Elle a débuté en juin 1955 à ouvrir et fermer les quatre battants des portes interdisant le passage aux automobiles, camions et tous autres convois tirés par les chevaux, tracteurs et bœufs pour laisser passer le convoi ferroviaire prioritaire.

 Les premières années, pas de repos tous les jours de 5 heures 30 à 21 heures 30, il fallait être au poste pour fermer les barrières.  Après une journée de repos par semaine fut accordée et une remplaçante assurait l'ouverture, " mais nous devions la loger, heureusement que je m'entendais bien avec elle : c'était madame BRESSAN de Cours, car sauf les trains de marchandises qui ne circulaient pas le dimanche, tous les jours nous devions être présents malades ou pas. De plus, nous devions être très stricts dans notre travail, car nous étions contrôlés et nos chefs étaient très sévères. Par exemple : je devais allumer une loupiote à pétrole, un soir je l'ai oublié, j'ai eu un avertissement. Heureusement que j'ai été bien vue par le chef de district ".

Sur la ligne Vichy Darsac, quatorze trains passaient quotidiennement et s'arrêtaient à Marsac.

- 5 h 30 Le premier Autorail en provenance d'Arlanc s'annonçait.

- 7 heures le locotrain servant aux manœuvres dans les gares d'Ambert ou d'Arlanc faisait son apparition.

- 7 heures 30 le deuxième  Autorail en provenance d'Ambert.

- 8 heures 30 le retour de l'Autorail d'Arlanc.

- 9 heures 30 L'Autorail en provenance de Clermont Fd s'annonçait

- 11 heures le retour du locotrain

- 11 heures 30 l'Autorail retournait sur Clermont Ferrand.

- 12 heures 30 le passage du premier train de marchandises en provenance d'Ambert

- 14 heures 30 le retour du train de marchandise à destination d'Ambert.

- 16 heures l'autorail du soir s'annonçait en provenance d'Ambert.

- 17 heures il revenait sur Ambert.

- 19 heures un nouvel Autorail passait en direction d'Arlanc.

- 20 heures 30 il repassait de nouveau pour aller sur Ambert.

- 21 heures 30 le dernier autorail prenant la direction d'Arlanc.

A l'époque les trains de marchandises avaient beaucoup d'importance, ils transportaient du bois de nos scieries, des colis de nos manufactures comme les articles de Chez DUCHEMIN.  " En 1956, lors du conflit du canal de SUEZ, les restrictions d'essence étant de rigueur, les camions ne roulaient pratiquement plus, tout se transportait en chemin de fer, le convoi de marchandise était tellement long que lorsqu'il s'arrêtait  à la gare de Marsac, il bloquait le passage du chemin de Lachaux. Car il était tiré par une locomotive et poussé par une autre en fin de convoi " Se souvient Rose de AGUIRREBEITIA.

 Dans les années soixante, la direction de la S.N.C.F décida de faire réaliser un comptage du passage de voitures et autres convois sur ce passage à niveau, pour cela notre garde barrière devait laisser les barrières fermées continuellement et aller ouvrir chaque fois qu'un chauffeur se signalait de jour comme de nuit. Cette situation dura 9 mois. " Les gens ont été sympas car ils ont signé une pétition pour faire cesser cette situation "  Ce comptage avait pour but la réalisation de l'électrification des barrières. En effet elle fut réalisée en 1978 et eu pour conséquence le licenciement de Rose de AGUIRREBEITIA. Cette mécanisation coûta environ 300 000 francs.

 Dans le tiroir des souvenirs Rose nous raconte. "  Un homme ayant commis un crime en Lozère était en cavale et, il courait des bruits qu'il était dans la région, hors un matin à 5 heures 20, en allant fermer les barrières du premier train j'entendis du bruit sur la voie ferrée et si c'était le criminel, je pris peur, heureusement que Pierre Bayle qui revenait de son travail, était là (pas plus rassuré que moi), je lui demandais d'attendre un peu avec moi et, tranquillement une vache fit son apparition paisible ".

         Monsieur de AGUIRREBEITIA travaillait aussi à la SNCF comme cantonnier poseur, ils ont racheté leur maison de garde barrière en 1981. Mais malgré tout, même à la retraite elle est toujours en activité, elle sort dès que le train panoramique ou la loco à vapeur d'AGRIVAP s'annonce. De plus elle signale aux responsables toutes  anomalies.

         " Faut me comprendre, c'était une partie de ma vie, alors grâce à AGRIVAP je continue un peu mon métier, c'est bien ce qu'ils font "se justifie-t-elle.

 Mais Rose, nous vous comprenons et nous vous remercions de nous avoir ouvert les barrières de vos souvenirs pour les lecteurs de la Gazette et  aussi pour tous les Marsacois n'ayant pas connu l'apogée du chemin de fer dans notre commune.

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