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Numéro 178avril 2000 |
Les Grandes heures de Marsac en Livradois |
Jean
Louis BOITHIAS chercheur au GRAHLF, spécialiste de l'archéologie industrielle,
nous fait partager sa passion de l'histoire en nous envoyant un article sur les
grandes heures de Marsac. Nous vous le publions en plusieurs séries :
Installée au centre géographique du bassin du Livradois dans sa partie
la plus large et la plus dégagée, Marsac en Livradois a pu être considéré
comme la " capitale " historique de ce bout de terre situé aux
confins de la basse Auvergne, à deux pas du Forez
du Velay. Elle a d'ailleurs porté le titre de "canton" de manière
éphémère de 1790 à 1801, date à laquelle elle s'est trouvée phagocytée
par celui d'Ambert dont elle constitue la commune la plus méridionale.
Entourée
par de nombreux étangs (Riols, Cartier, Brugeailles) dans lesquels certains
auteurs ont voulu voir des restes de l'ancien grand lac tertiaires de Livradois
( le " liberatus aquis " de l'Abbé Grivel), il est vrai que Marsac a
jadis connu les calamités dues aux fréquents débordements de la Dore qui
coule à ses pieds, et en longtemps gardé une réputation de région marécageuse,
accentuée par la présence au XVIIIème siècle de tanneries non moins nauséabondes
et d'une certaine manière tout aussi préjudiciables à la santé. Fort
heureusement, et comme pour compenser ce qui vient d'être dit, la localité reçoit
de ses bordures montagneuses (mont du Forez a l'Est, monts du Livradois à
l'Ouest) le tribut de quelques eaux vives, dont celles du ruisseau de la
Granrive venues des hauteurs des Pradeaux, qui lui ont conféré pour partie sa
renommée industrielle.
C'est sur le cours du grand Rif en effet ( le " magnus rivus "
des anciens textes) que se sont implantés au milieu du Moyen-Age les premiers
moulins bladiers, moulins à grain des seigneurs de Riols, à Chadernolles
notamment et à Aulteribe (lieu dit disparu), qui fournissaient aux
"chalands" de l'époque, contre redevance, la farine de seigle
indispensable à la panification domestique. A noter qu'à Marsac, et à la différence
d'Ambert, l'obligation de moudre au moulin "banal", moulin officiel de
la seigneurie, ne souffrait pas d'exception. Toute
construction, location ou réparation préalable du maître des lieux. Il
en allait probablement de même des huileries, plus rares mais qui marchaient de
paire avec certains moulins fariniers et fournissaient l'huile de consommation
(noix, daîne de hêtre) aisi que l'huile d'éclairage (chevis, oeillette).
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