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Numéro 180juin 2000 |
Histoire locale |
LE
BOURG DE MARSAC,
VICTIME
DES GUERRES DE RELIGION
Source
: les chroniques du Livradois, par l'abbé Grivel - 1852. Editions d'Ambert, Réédition
Laffitte Reprints, Marseille 1979, page 258.
"La
nuit (donc) du 12 mars (1577), accompagné de Chavagnac, par des chemins détournés
il (le capitaine Merle) arrive à Marsac, à la tête de 120 cavaliers et de 300
fantassins. Peu s'en fallu que ce bourg ne subît le même sort que notre
malheureuse ville (1). Déjà Merle et Chavagnac, qui étaient arrivés à
l'improviste et avant le jour, avaient renversé les palissades dont étaient
entourées la place ; les premiers postes avaient été forcés, les sentinelles
avancées, surprises et égorgées ; tous ceux qui avaient tenté une résistance
désespérée avaient été tués ou mis en fuite ; des tourbillons étincelants,
des masses de flammes s'élevèrent bientôt dans les airs ; tout le quartier
dit des Cussines (2) était en feu. Cent vingt maisons furent brûlées. Déjà
les huguenots chantaient victoire, et afin de la rendre plus complète et d'empêcher
qu'aucun de leurs ennemis ne pût leur échapper, ils se partagèrent en trois détachements
qui devaient envelopper de tous côté le bourg de Marsac et couper toute
retraite aux fuyards.
Mais
presqu'au même moment le seigneur de Riols (3) paraît à la tête de 300
cavaliers et charge avec impétuosité et vigueur l'ennemi séparé et dispersé
en plusieurs groupes. Les habitants et quelques soldats catholiques qui avaient
eu le temps de se rallier, faisaient en même temps un peu très vif dans la rue
de la doublat.
(suite
dans le prochain numéro de la Gazette)
_____________________
Notes :
(1)
En 1576, le pasteur Massin vint à Ambert recommandé par Du
Lac, seigneur du voisinage, mais le bailli refusa de le laisser prêcher ;
Massin passa outre. Chassé quelques jours après, il se retira à Paillat (haut
lieu du protestantisme en Auvergne, commune de Job). Ce fut dans la nuit du 15 février
1577 q'un célèbre capitaine huguenot, appelé Merle, s'empara d'Ambert par
escalade avec 1000 ou 1200 soldats ; ayant forcé les maisons et les églises,
ils démolirent les autels du sanctuaire, fouillèrent les tombeaux, rompirent
les fenêtres, les orgues, prirent des femmes et des enfants qu'ils mirent à
rançon, abattirent les moulins à papier des environs. André
Micolon-Grimardias, consul périt héroïquement en défendant la place.
Abandonné par la plupart de ses concitoyens il était presque resté seul pour
défendre la ville. Gaspard de Saint-Herem, gouverneur de la province
d'Auvergne, arriva au secours de la ville avec 500 cavaliers et 1000 fantassins.
Chavagnac commandait la place. Commence un siège meurtrier qui dura jusqu' au
25 avril… [extrait du dictionnaire historique du Puy-de-Dôme de Tardieu, page
67]
(2)
Les Cussines, quartier de Marsac, sis dans le bourg, partant au
moins certainement de la poste, au croisement de la route allant à
Chadernolles.
(3)
Jean du Vernet, gouverneur du Bourbonnais, seigneur de Ruffey
et Villeneuve, chevalier des ordres du roi, capitaine de 50 hommes d'armes,
jouissait de Riols en 1551-1584, de par son mariage, le 13 février 1573, avec
Jacqueline de Chalencon, dame de Riols et autres lieux. (dictionnaire des fiefs
de la Basse Auvergne, par le comte de Remâcle, tome II, 1941)
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