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Numéro 210

décembre 2002

Histoire : la maison Friteyre

 Nous entamons une visite des maisons de Marsac qui ont une histoire un peu particulière : Qui est ce Jacques FRITEYRE, au sujet duquel une plaque orne l’une des maisons du bourg ?

 

           

 

Jacques FRITEYRE naquit le 18 avril 1725, fils de Damien FRITEYRE, fabricant d’étamines [1]et de Jeanne ARTAULT. A la mort de son père, Jacques FRITEYRE avait six ans. Sa première éducation fut confiée à son parrain M. GOURBEYRE, curé de Marsac. A douze ans, il le plaça au collège des Jésuites à BILLOM[2]. Où on le classe comme brillant élève. Admis à dix-sept ans – le 31 août 1742 -  parmi l’élite de la vocation religieuse au noviciat de Toulouse, il y prononça ses vœux deux ans plus tard. Reçu professeur de grammaire, il fut envoyé le 6 octobre 1744 professeur au collège de Perpignan. Puis nous le retrouvons de 1745 à 1748 professeur à Carcassonne, en 1749 à Montauban, de 1750 à 1755, à Tournon où il fut ordonné prêtre. Professant la philosophie de 1756 à 1758, il devint à partir de cette date prédicateur. Attiré par la capitale, il y prêcha pendant huit ans dans les principales églises de Paris, à partir de 1770, notamment à Notre-Dame, les temps de l’Avent et de Carême[3].

 Le Pape Clément XIV ayant signé le bref « Dominicus Ac Redemptor », le 21 juillet 1773, supprimant les Compagnies de Jésus (Ordre des Jésuites), le Père Jacques FRITEYRE dut quitter la capitale et vint se réfugier chez son frère Antoine FRITEYRE, vicaire de Marsac[4]. Il est utilisé comme prédicateur lors de missions dans toute la région (Ambert, Arlanc, Cunlhat, Saint Amant) et jusqu’à Montbrison. Mais cette retraite forcée ne lui convenait guère. La peste ayant envahi le Midi de la France, Monseigneur de Tilly, évêque d’Orange, demanda des aides pour son clergé. Le Père FRITEYRE et le père de Féligonde furent désignés par le Père de Nolhac, ancien recteur du collège de Toulouse. On dit que leur dévouement émut l’évêque d’Orange qui les retint pour prêcher une autre mission. Puis il reprit le chemin de l’Auvergne, la persécution poursuivant les Jésuites.

(à suivre…)


[1] La famille FRITEYRE serait originaire du hameau de « La Friteyre », commune de Novacelles. Julhien FRITEYRE habitait le village de Bargues (près de Marsac), était cultivateur. Son fils Blaise, s’installa à Marsac en 1764 comme tisserand-estaminier, dans une maison rue de la Fontaine. Il fut, par la suite à la tête d’un grand commerce d’étamines. Il mourut le 23 juin 1727, âgé de 80 ans. Le père du Bienheureux, fut aussi greffier au baillage de Riols.

[2] Le Père GASCHON, très vénéré dans la région (1732-1815), fut également élève de ce collège.

[3] L’approche de la Révolution inquiétait le Père FRITEYRE, il la dénonçait dans ses prédications, surtout celle du jubilé de 1775. La station fut très goûtée et produisit tant de fruits que les philosophes en furent effrayés et le considéraient comme un adversaire sérieux.

[4] Antoine FRITEYRE devait succéder au curé Antoine Béal, et fut, de ce fait, curé de Marsac de 1781 au 30 mai 1784, date à laquelle il mourut.

 

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