Numéro 267 - Octobre 2007  

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  Histoire : le château de Riols
 

Le château et les seigneurs de Riols (1220-1789)

 

Après avoir vécu le passé religieux (église : confréries de dévotion et de corporations), la confrérie de la Charité (œuvre sociale), les confréries et église des Pénitents, l’ensemble forme le pôle religieux et social, avec les autres œuvres de bienfaisances évoquées. Il est intéressant maintenant d’évoquer le passé seigneurial (les châteaux et seigneurs de Riols, sans oublier ceux de Aulteribe, Bourchany (voir avec celui-ci la maison noble du Bruchet), le Peschier, Pratjoux (Bas) le Barsac, Combat, le tout formant un autre pôle et point très important de l’Histoire de la commune de Marsac (1)

 

Le château de Riols (2)

Le château de Riols, dessin, XIXème siècle, collection des demoiselles Comte-Vernadet – Mairie de Marsac.

 

« Cette construction féodale mérite une description : le château de Riols avait une enceinte formant ellipse, dont le grand axe se dirige du sud-ouest au nord-est, orientation assez commune ; elle mesure un espace de 35 mètres en longueur sur 65 de largeur ; elle se compose de murs en granit de 2 mètres d’épaisseur moyenne, flanqués de quatre tours rondes, dont une existe encore au nord-ouest (3). L’entrée principale était sur le pont-levis, au sud-ouest, à l’une des extrémités du grand axe de l’ellipse ; elle était défendue par les tours dudit axe et encore par un ouvrage avancé muni de deux tourelles plus petites dont une, laisse encore voir ses restes (les vestiges, bases de la tour, sont toujours visibles, propriété privée). Cet ouvrage était destiné à favoriser le service du pont-levis qui faisait suite à l’autre extrémité de l’axe de l’ellipse. Sur le nord-ouest, était une autre porte ou poterne qui donnait accès sur le revers du côté du village, situé au-dessous du château, vers Marsac ; elle existe encore (en excellent état de conservation, elle est très visible, propriété privée) ; sa voûte a la forme ogivale tiers-point (et présente deux trappes tombant au dessus de la porte, l’une dans l’embrasure extérieure (description datant de 1877)).

Ces trappes servaient pour abaisser ou relever les herses. Le dessus de la voûte est élevé en toit carré presque au haut du rempart. Entre cette poterne et la tour ronde qui existe (propriété privée), et précisément au nord, une cinquième tour, flanquant le mur d’enceinte y a été construite. (extérieurement, il n’y a plus aucun vestige de celle-ci), a été construite en application à ce mur. Cet ouvrage (en 1877, semblant être toujours visible ?) paraît fait à peu près à la même époque. Dans l’intérieur de la cour se voit la résidence seigneuriale (propriété privée) ; les restes d’une chapelle aux voûtes à nervures et à ogive (l’un des premiers édifices gothiques du Livradois, existant déjà en 1285) (démolie partiellement pendant la Révolution) (4). ; on voit très bien l’entourage – fenêtre ogivale de la chapelle (propriété privée) ; il  y avait aussi une galerie à voûte d’ogive (toujours existante au début du XVIIIème siècle) qui s’élevait à la hauteur du premier étage sur huit rangées de colonnettes (deux colonnettes subsistent à Riols, ainsi que des bases de colonnettes (à Riols) (au moins jusqu’en 1978), et toujours à Marsac dans deux propriétés bourgeoises privées, du moins très ressemblants à ceux de Riols (piédestaux – époque gothique) et régnaient sur tout le développement de la façade que renfermait la partie du bâtiment » (5).

Vue aérienne du château et du village de Riols (IGN –Géoportail).

 

A paraître en novembre : le testament de « la Bonne Dame du Livradois » : Eléonore de Baffie, dame de Riols, comtesse d’Auvergne et de Boulogne (décédée en 1285), sa biographie.

Notes :

(1)     L’historique de la Grand’Rive, érigée en seigneurie en 1676, a déjà été publiée (propriété privée).

(2)     Riols, Rivarias au Xème siècle, l’une des quatre vigueries du pays de Livradois.

(3)     Cette tour fut meublée à une époque assez récente (XXème siècle) en chapelle privée (du moins elle l’était en 1957, date à laquelle le toit pour vétusté, s’écroula) Des éléments furent sauvés.

(4)     Une tour servant de clocher. De l’époque gothique subsistait des bénitiers retrouvés au XXème siècle, et autres éléments architecturaux (propriété privée).

(5)     Non loin de la chapelle, et des bâtiments du château, sur une motte féodale, toujours visible, sur la partie communale appelée « le Coudert » s’élevait certainement le premier château, antérieur à 1220, ou un donjon, entouré par des fossés ? (chemins actuels).

Sources :

- Grand dictionnaire historique du Puy-de-Dôme, par Ambroise Tardieur, 1877 (Editions de Moulins), réédition Jeanne Lafitte Reprints.

- On peut aussi consulter le remarquable ouvrage de monsieur Joseph Gagnaire, sur « les sites fortifiés de l’arrondissement d’Ambert », paru récemment.