Numéro 269 - Décembre 2007  

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  Histoire : le château de Riols
 

Le château et les seigneurs de Riols (1220-1789) - 3 -

 

Eléonore de Baffie : la bonne dame du Livradois

Biographie : Eléonore de Baffie, née au château de Baffie, fille de Guilhaume appelé aussi Wil-helm de Baffie et d’Eléonore de Forez (fille de Rénaud, comte de Forez et d’Isabeau de Beaujeu). Elle épouse en 1250 Robert V, fils et successeur de Guillaume VIII, comte d’Auvergne et de Alix de Brabant, comtesse de Boulogne.

 

Faisant preuve de beaucoup de délicatesse, de prévenance et de tact, elle sut adoucir le caractère violent et inégal de son époux (Robert V fut excommunié par le Pape, pour avoir emprisonné Imbert de la Tour, chanoine de Paris, qui contestait à Guy, frère du comte, l’abbaye de Saint Germain Lembron (1258). Elle reçut Louis IX, roi de France « Saint Louis », lequel revenant de Montpellier, accompagné de la plus brillante noblesse de ses états, fit accomplir à Clermont, le mariage de Philippe-le-Hardi, son fils, avec Isabelle, fille de Jacques, roi d’Aragon (1262). Robert décéda vers 1276-1277. Ce fut au château de Riols qu’Eléonore de Baffie fit son testament et y décéda, 3 jours après le 12 janvier 1286.

 

Elle fut enterrée dans la nouvelle chapelle des Cordeliers de Clermont (voir illustration)

 

 

Elle institua l’un de ses enfants, Godefroy, héritier dans ses droits et propriétés de Riols.

 

Testament : Extraits :

« Item, je lègue au monastère de Chaumont vingt livres tournois à payer tous les ans, le jour de ma mort.

Item, je veux et ordonne qu’une vicairie ou chapellenie du revenu de sept livres tournois soit instituée et assise dans ledit monastère de Chaumont, en faveur d’un prêtre séculier, à condition néanmoins que le pasteur dudit lieu le veuille et y donne son consentement, et s’il en est ainsi, je veux que lesdites sept livres soient attribuées au prêtre qui, dans ledit monastère, célèbrera à perpétuité les divins offices pour le remède de mon âme, de celles de mon père, de ma mère (ils étaient inhumés au prieuré de Chaumont) et de mes autres parents.

Cette somme sera prise sur les fruits et revenus de ma terre de Marsac ; ET EN CAS QUE LEDIT PRIEUR DE CHAUMONT REFUSE SON AUTORISATION A CET ARRANGEMENT, JE VEUX QU’UN PRETRE SECULIER JOUISSE DE CE REVENU EN S’ADJOIGNANT, LUI CINQUIEME, AUX QUATRE AUTRES PRETRES SECULIERS QUE J’AI ETABLIS DANS LA CHAPELLE DE MON CHATEAU DE RIOLS (toujours existante, propriété privée), A LA FIN DE CELEBRER LES DIVINS OFFICES POUR LE REMEDE DE MON AME, DE L’AME DE MON PERE, DE MA MERE ET DE MES PARENTS,

Item, aux pauvres du Livradois vingt livres tournois ; même somme aux lépreux de ces terres (premières dispositions). »

 

Suivent des legs particuliers de bienfaisance pour de pauvres filles à marier, pris sur les revenus de la terre de Valcivières (extrait des deuxièmes dispositions).

 

Enfin, dans ses troisièmes dispositions testamentaires, Eléonore « veut et ordonne que toutes les réclamations que l’on pourrait faire tant à l’endroit de son père qu’au sien, soient apaisées et compensées sans difficulté et SANS BRUIT DE JUSTICE PAR SEES EXECUTEURS TESTAMENTAIRES. ELLE CONFIRME L’AFFRANCHISSEMENT DE MAIN-MORTE POUR TOUS SES VASSAUX (l’ensemble des gens, vivant en Livradois-Forez, quelle que soit leur position sociale) DE LA TERRE DU LIVRADOIS.

 

Analyse succincte de ce testament : (extraits) :les seigneurs de Baffie, Marsac et Riols, Viverols, Ambert…) avaient choisi d’être enterrés à Chaumont, tout comme les seigneurs de la Roue (Saint Anthème), étaient inhumés au prieuré de la Chaulme (désir de participer, ainsi, pour le repos de leur âme, de bénéficier des offices monastiques).

Mais, la testatrice attache un grand amour-propre à faire célébrer des messes concélebrées dans la chapelle de sa demeure préférée : Riols. La libéralité dont elle fait preuve envers la population (suppression du droit de main-morte), et dotation des pauvres filles à marier, ne fait que mieux connaître sa réputation de « Bonne Dame du Livradois ».

 

Source : Baluze (XVIIIème siècle) : « histoire généalogique de la Maison d’Auvergne, aux titres  « Preuves du Livre IIème de la Maison d’Auvergne + Baluze – Histoire d’Auvergne (cité dans les Chroniques du Livradois – Abbé Grivel – 1852, pp 134-146).