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Le château et
les seigneurs de Riols (1220-1789) - 3 -
Eléonore de Baffie : la bonne dame du
Livradois
Biographie : Eléonore de Baffie, née au
château de Baffie, fille de Guilhaume appelé aussi Wil-helm de
Baffie et d’Eléonore de Forez (fille de Rénaud, comte de Forez et
d’Isabeau de Beaujeu). Elle épouse en 1250 Robert V, fils et
successeur de Guillaume VIII, comte d’Auvergne et de Alix de
Brabant, comtesse de Boulogne.
Faisant preuve de beaucoup de délicatesse, de
prévenance et de tact, elle sut adoucir le caractère violent et
inégal de son époux (Robert V fut excommunié par le Pape, pour avoir
emprisonné Imbert de la Tour, chanoine de Paris, qui contestait à
Guy, frère du comte, l’abbaye de Saint Germain Lembron (1258). Elle
reçut Louis IX, roi de France « Saint Louis », lequel revenant de
Montpellier, accompagné de la plus brillante noblesse de ses états,
fit accomplir à Clermont, le mariage de Philippe-le-Hardi, son fils,
avec Isabelle, fille de Jacques, roi d’Aragon (1262). Robert décéda
vers 1276-1277. Ce fut au château de Riols qu’Eléonore de Baffie fit
son testament et y décéda, 3 jours après le 12 janvier 1286.
Elle fut enterrée dans la nouvelle chapelle
des Cordeliers de Clermont (voir illustration)

Elle institua l’un de ses enfants, Godefroy,
héritier dans ses droits et propriétés de Riols.
Testament : Extraits :
« Item, je lègue au monastère de Chaumont
vingt livres tournois à payer tous les ans, le jour de ma mort.
Item, je veux et ordonne qu’une vicairie ou
chapellenie du revenu de sept livres tournois soit instituée et
assise dans ledit monastère de Chaumont, en faveur d’un prêtre
séculier, à condition néanmoins que le pasteur dudit lieu le veuille
et y donne son consentement, et s’il en est ainsi, je veux que
lesdites sept livres soient attribuées au prêtre qui, dans ledit
monastère, célèbrera à perpétuité les divins offices pour le remède
de mon âme, de celles de mon père, de ma mère (ils étaient inhumés
au prieuré de Chaumont) et de mes autres parents.
Cette somme sera prise sur les fruits et
revenus de ma terre de Marsac ; ET EN CAS QUE LEDIT PRIEUR DE
CHAUMONT REFUSE SON AUTORISATION A CET ARRANGEMENT, JE VEUX QU’UN
PRETRE SECULIER JOUISSE DE CE REVENU EN S’ADJOIGNANT, LUI CINQUIEME,
AUX QUATRE AUTRES PRETRES SECULIERS QUE J’AI ETABLIS DANS LA
CHAPELLE DE MON CHATEAU DE RIOLS (toujours existante, propriété
privée), A LA FIN DE CELEBRER LES DIVINS OFFICES POUR LE REMEDE DE
MON AME, DE L’AME DE MON PERE, DE MA MERE ET DE MES PARENTS,
Item, aux pauvres du Livradois vingt livres
tournois ; même somme aux lépreux de ces terres (premières
dispositions). »
Suivent des legs particuliers de bienfaisance
pour de pauvres filles à marier, pris sur les revenus de la terre de
Valcivières (extrait des deuxièmes dispositions).
Enfin, dans ses troisièmes dispositions
testamentaires, Eléonore « veut et ordonne que toutes les
réclamations que l’on pourrait faire tant à l’endroit de son père
qu’au sien, soient apaisées et compensées sans difficulté et SANS
BRUIT DE JUSTICE PAR SEES EXECUTEURS TESTAMENTAIRES. ELLE CONFIRME
L’AFFRANCHISSEMENT DE MAIN-MORTE POUR TOUS SES VASSAUX (l’ensemble
des gens, vivant en Livradois-Forez, quelle que soit leur position
sociale) DE LA TERRE DU LIVRADOIS.
Analyse succincte de ce testament :
(extraits) :les seigneurs de Baffie, Marsac et Riols, Viverols,
Ambert…) avaient choisi d’être enterrés à Chaumont, tout comme les
seigneurs de la Roue (Saint Anthème), étaient inhumés au prieuré de
la Chaulme (désir de participer, ainsi, pour le repos de leur âme,
de bénéficier des offices monastiques).
Mais, la testatrice attache un grand
amour-propre à faire célébrer des messes concélebrées dans la
chapelle de sa demeure préférée : Riols. La libéralité dont elle
fait preuve envers la population (suppression du droit de
main-morte), et dotation des pauvres filles à marier, ne fait que
mieux connaître sa réputation de « Bonne Dame du Livradois ».
Source : Baluze (XVIIIème siècle) :
« histoire généalogique de la Maison d’Auvergne, aux titres
« Preuves du Livre IIème de la Maison d’Auvergne + Baluze – Histoire
d’Auvergne (cité dans les Chroniques du Livradois – Abbé Grivel –
1852, pp 134-146). |