Numéro 270 - Janvier 2008  

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  Histoire : le château de Riols
 

 

Les seigneurs de Riols – Le Livradois aux XIVème et XVème siècle.

 

Les comtes d’Auvergne et de Boulogne (la branche aînée).

 

I – Noblesse d’âge et dévouement au roi.

« … De Guillaume, fils aîné de Robert V et d’Eléonore (De Baffie) qui, au bout de deux ans, et mort sans postérité (1279) (1), nous voyons la plus grande partie du Livradois passer à Robert VI (Comte d’Auvergne et de Boulogne), son frère. Celui-ci servit le roi Philippe-le-Bel dans la guerre de Flandre et se trouve nommé entre ceux qui combattirent vaillamment à la bataille de Courtray, l’an 1312, où Godefroy, son frère fut tué (2). Il épousa Béatrix, fille de Falcon, seigneur de Montgascon, et d’Isabeau de Ventadour. Par son testament, qui est de l’an 1314, il institue son héritier universel Robert VII, son fils unique, en ses comtés d’Auvergne et de Boulogne, et en ses terres du Livradois. Il donne toutefois en usufruit à sa femme « Les châteaux, les villes, les droits, les revenus et les appartenances de Baffie, de Vivayrols (Viverols), d’Ambert, de Boutonnagures (3) de Riouls (Riols), de Marsac, d’Issandolange (4) ; il confirme la décharge que son père (Robert VI) avait faite de la main-morte (5) à tous ses sujets du Livradois, lègue cent livres pour vêtir les pauvres de la terre de Baffie, centre autres pour marier de pauvres et honnêtes filles ; aux différentes léproseries (6), soixante chemises, soixante brayes (7) et autant de tuniques. (Sources : Baluze, extrait du Trésor des Chartes de Turenne).

Robert VII succéda (1314), donc à son père, et appelé Robert le Grand. Il épousa Blanche, fille aînée de Robert, fils du roi Saint Louis, comte de Clermont en Beauvoisie et chef de la maison de Bourbon, et en secondes noces, Marie de Flandre.

Son fils, Guillaume XII, Comte d’Auvergne, prit possession du Livradois en 1326. Parmi un grand nombre de legs de piété et de bienfaisance que renferme son testament, figure celui-ci : « cent setiers de bled, pour être distribués en aumônes aux pauvres de la ville d’Ambert, le jour du Vendredi Saint, par ses héritiers, tant qu’ils possèdent la terre du Livradois.

 

II – Jeanne d’Auvergne, duchesse de Bourgogne, reine de France.

Guillaume XII, Comte d’Auvergne, laissa le comté d’Auvergne et la terre du Livradois, à Jeanne Ière (1332), Comtesse d’Auvergne et de Boulogne, qui fut mariée à l’âge de 12 ans à Philippe de Bourgogne, fils unique du duc Eudes IV, et petit-fils de Philippe-Le-Long, roi de France. Après la mort de ce prince, le duc Jean, qui devint roi de France « Jean II le Bon », épousa la Comtesse Jeanne peu de temps avant de monter sur le trône (1350).

Philippe du Rouvre, issu du premier mariage de Jeanne avec Philippe de Bourgogne, succéda à sa mère dans la possession du Livradois. Ce fut le dernier descendant de la branche aînée des Comtes d’Auvergne, qui s’éteignit en lui (1361).

Le Livradois, avec le comté d’Auvergne et de Boulogne, passa alors à la branche cadette, à Jean Ier, second fils de Robert VII, qui fut un des grands seigneurs de son temps, et remarquable comme homme de guerre et comme homme d’Etat. Il eut pour fils Jean, 2ème du nom.

(à suivre)

Source : Chroniques du Livradois, pp 146 à 149. Abbé Grivel, 1852, Réédition Laffitte reprints, Marseille, 1979.

 

Notes :

1 – Soit après deux ans le décès de Robert V, Comte d’Auvergne et de Boulogne.

2 – Godefroy, seigneur de Riols, en vertu du testament de sa mère (1286).

3 – Boutonnargues, commune de Bertignat.

4 – Issandollange, commune de Novacelles.

5 – Droit de Main-Morte : droit qu’avait le seigneur de reprendre les biens de ses sujets, quelle que soit leur condition sociale, s’ils décédaient sans héritiers directs.

6 – Parmi les léproseries connues en Livradois, toutes disparues (aucun vestige) on peut citer : l’hôpital Saint Nicolas (de Job) à côté de la Tour Goyon (Saint Nicolas dépendait de la paroisse de la Tour-Goyon – paroisse supprimée sous la révolution ; celle d’Ambert ; la Malouteyre près de Baffie-St Just… et peut-être les Issards (Chapelle Sainte Madeleine) : car on sait que Saint Lazare appelé « Saint Ladre » évoque le nom « maladrerie », saint également honoré aux Issards.

7 – Brayes : pantalons.