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Les
seigneurs de Riols – Le Livradois aux XIVème et XVème siècle.
Les comtes d’Auvergne et de Boulogne
(la branche aînée).
I – Noblesse d’âge et dévouement au
roi.
« … De Guillaume, fils aîné de
Robert V et d’Eléonore (De Baffie) qui, au bout de deux ans, et mort
sans postérité (1279) (1), nous voyons la plus grande partie du
Livradois passer à Robert VI (Comte d’Auvergne et de Boulogne), son
frère. Celui-ci servit le roi Philippe-le-Bel dans la guerre de
Flandre et se trouve nommé entre ceux qui combattirent vaillamment à
la bataille de Courtray, l’an 1312, où Godefroy, son frère fut tué
(2). Il épousa Béatrix, fille de Falcon, seigneur de Montgascon, et
d’Isabeau de Ventadour. Par son testament, qui est de l’an 1314, il
institue son héritier universel Robert VII, son fils unique, en ses
comtés d’Auvergne et de Boulogne, et en ses terres du Livradois. Il
donne toutefois en usufruit à sa femme « Les châteaux, les villes,
les droits, les revenus et les appartenances de Baffie, de Vivayrols
(Viverols), d’Ambert, de Boutonnagures (3) de Riouls (Riols), de
Marsac, d’Issandolange (4) ; il confirme la décharge que son père
(Robert VI) avait faite de la main-morte (5) à tous ses sujets du
Livradois, lègue cent livres pour vêtir les pauvres de la terre de
Baffie, centre autres pour marier de pauvres et honnêtes filles ;
aux différentes léproseries (6), soixante chemises, soixante brayes
(7) et autant de tuniques. (Sources : Baluze, extrait du Trésor des
Chartes de Turenne).
Robert VII succéda (1314), donc à
son père, et appelé Robert le Grand. Il épousa Blanche, fille aînée
de Robert, fils du roi Saint Louis, comte de Clermont en Beauvoisie
et chef de la maison de Bourbon, et en secondes noces, Marie de
Flandre.
Son fils, Guillaume XII, Comte
d’Auvergne, prit possession du Livradois en 1326. Parmi un grand
nombre de legs de piété et de bienfaisance que renferme son
testament, figure celui-ci : « cent setiers de bled, pour être
distribués en aumônes aux pauvres de la ville d’Ambert, le jour du
Vendredi Saint, par ses héritiers, tant qu’ils possèdent la terre du
Livradois.
II – Jeanne d’Auvergne, duchesse de
Bourgogne, reine de France.
Guillaume XII, Comte d’Auvergne,
laissa le comté d’Auvergne et la terre du Livradois, à Jeanne Ière
(1332), Comtesse d’Auvergne et de Boulogne, qui fut mariée à l’âge
de 12 ans à Philippe de Bourgogne, fils unique du duc Eudes IV, et
petit-fils de Philippe-Le-Long, roi de France. Après la mort de ce
prince, le duc Jean, qui devint roi de France « Jean II le Bon »,
épousa la Comtesse Jeanne peu de temps avant de monter sur le trône
(1350).
Philippe du Rouvre, issu du premier
mariage de Jeanne avec Philippe de Bourgogne, succéda à sa mère dans
la possession du Livradois. Ce fut le dernier descendant de la
branche aînée des Comtes d’Auvergne, qui s’éteignit en lui (1361).
Le Livradois, avec le comté
d’Auvergne et de Boulogne, passa alors à la branche cadette, à Jean
Ier, second fils de Robert VII, qui fut un des grands seigneurs de
son temps, et remarquable comme homme de guerre et comme homme
d’Etat. Il eut pour fils Jean, 2ème du nom.
(à suivre)
Source : Chroniques du Livradois, pp
146 à 149. Abbé Grivel, 1852, Réédition Laffitte reprints,
Marseille, 1979.
Notes :
1 – Soit après deux ans le décès de
Robert V, Comte d’Auvergne et de Boulogne.
2 – Godefroy, seigneur de Riols, en
vertu du testament de sa mère (1286).
3 – Boutonnargues, commune de
Bertignat.
4 – Issandollange, commune de
Novacelles.
5 – Droit de Main-Morte : droit
qu’avait le seigneur de reprendre les biens de ses sujets, quelle
que soit leur condition sociale, s’ils décédaient sans héritiers
directs.
6 – Parmi les léproseries connues en
Livradois, toutes disparues (aucun vestige) on peut citer :
l’hôpital Saint Nicolas (de Job) à côté de la Tour Goyon (Saint
Nicolas dépendait de la paroisse de la Tour-Goyon – paroisse
supprimée sous la révolution ; celle d’Ambert ; la Malouteyre près
de Baffie-St Just… et peut-être les Issards (Chapelle Sainte
Madeleine) : car on sait que Saint Lazare appelé « Saint Ladre »
évoque le nom « maladrerie », saint également honoré aux Issards.
7 – Brayes : pantalons. |