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Biographie de
Jean II, comte d’Auvergne et de Boulogne.
« Celui-ci,
fils de Jean Ier, surnommé le mauvais Ménagier, était « simple et
légier , et ne tenait pas grand compte de ses besoignes ; il aimait
et désirait de gros état, changeant souvent d’habillements, et iceux
tous précieux ; il nourrissait vestes étranges, sauvages et
apprivoisées de plusieurs espèces et figures » (Baluze).
Son père,
justement alarmé, lui donna des chevaliers d’un notable mérite pour
prendre soin de ses biens et l’empêcher de faire des folies, et
bientôt le maria avec Eléonore de Comminges, sa cousine germaine. Il
en eut une fille, Jeanne de Boulogne, qui épousa le célèbre duc de
Berry, fils du roi de France Charles V.
Malgré son
inhabilité à diriger ses affaires, Jean II était homme de bravoure
et de loyauté, car il fut choisi dans la suite pour être auprès du
roi de France Charles VI, pendant sa maladie (folie).
Cependant, le
« Mauvais Ménagier », ayant pu se soustraire à l’œil de son père,
éloigna de sa personne les chevaliers chargés de surveiller ses
intérêts, et se livra à Messire Aubert de Puichalin, à Rogier Bornat,
à Guillaume Comptour, au bailli de Crotes, à Guillaume Dotale, à
Guillaume de Puichalin et à Guillaume de la Basme, « qui lui
complurent », parce qu’ils savaient prévenir ses moindres désirs et
volontés en toutes dissolutions ; ils profitèrent de sa simplesse,
de sa nonchalance, de ses prodigalités et déportements. Leur salaire
progressif croissait avec leur infamie.
Messire Jean
« devint donc de très-petit et dissolu gouvernement » et s’adonna à
boire avec excès, et à heures indues » et « à despendre, donner et
gaster le sien, sans cause ni bonne occasion » (Baluze). Or, vers ce
temps là, s’étant rendu en Avignon, il fut empoisonné dans un festin
par Messire Raymond de Turenne, son beau-frère, qui était un des
convives, du moins la rumeur publique l’en accusa. C’était vers la
Toussaint de l’année 1394, à un diner que le cardinal de
Saint-Martial lui donna. « Et il devint si malade, que tous les
ongles et cheveux lui écheurent. Il guérit tellement, mais le
cervelet lui affaiblit de ladicte maladie, si fort que toujours
depuis il fut privé de toute bonne prudence et entendement.
On disait
encore « qu’il y eut une nommée Blanche de Paulet qui était
« véhémentement soupçonnée de sortilège, et en usait très fort,
laquelle était très acoInte d’une certaine Alexandrie de Puichalin,
sœur du dict Messire Aubert, qui était religieuse à Esteil, laquelle
par le moyen des dicts Messire Aubert et de sa sœur fit certaines
sorceries au pauvre Messire Jehan, pour le tenir comme alyé en amour
audict Messire Aubert (à suivre).
Notes
biographiques :
Personnages
cités dans le texte :
Jean Ier :
comte d’Auvergne et Boulogne, né vers 1315. Fils de Robert VII,
comte d’Auvergne et Boulogne, et de Marie de Flandre. Comte
d’Auvergne (1361). Bon guerrier ; eut part à tous les événements qui
se passèrent sous les rois Jean II et Charles V. Lieutenant général
en Picardie et aux frontières de Flandre (1354). Il commanda avec le
Maréchal d’Audeneham pour chasser les anglais ; se trouva à la
bataille de Vironfosse (Buironfosse, dans l’Aisne). Reçut le comté
de Montfort du roi Philippe de Valois (1351) ; mourut en 1386, près
de Compiègne. On l’enterra (comme son père) dans l’abbaye du Bouchet
(Près de Vic-le-Comte).
Jean II :
comte d’Auvergne et Boulogne (supplément). Ses services militaires
durent surtout en Catalogne et en Limousin, avec le duc de Berry,
contre les Anglais (1379) ; en Flandre (1382). Il mourut le 28
septembre 1404 (lieu non indiqué).
Sources :
-
les Chroniques du
Livradois, Abbé Grivel, ouvrage déjà cité (pp 149-151).
-
Dictionnaire
biographique du Puy-de-Dôme par Ambroise Tardieu, 1877, réédition
Laffitte Reprints (pp. 11 et 11).
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